Reflex

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Maud Mayeras

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  • 17 février 2018

    Iris Baudry est photographe judiciaire. Un coup de fil de la police et elle saute sur sa moto pour aller immortaliser les scènes de crime les plus sordides. Solitaire, silencieuse, compétente, toujours disponible, la jeune femme n'a pas de vie en dehors de son métier. Après un de ces appels, Iris se rend compte qu'elle est dans sa ville natale où l'on vient de retrouver le corps d'un enfant. Immédiatement les souvenirs ressurgissent. Cette ville, elle l'a fuie il y a bien longtemps, quand son fils Swan a été assassiné, son pauvre corps de six ans à peine, meurtri, dépecé, abandonné. Pour ne pas se retrouver en tête à tête avec sa mère, ce monstre froid et intransigeant, le croque-mitaine de son enfance, elle est partie avec la ferme intention de ne plus jamais revenir. Rien n'a changé dans cette ville perdue et sans avenir qui se dessèche sous un soleil de plomb. Sauf sa mère. Folle à lier, elle est désormais à Bellevue, l'hôpital psychiatrique dont nul n'est jamais ressorti, Bellevue, ce mouroir qui a toujours eu pour vocation d'abriter la misère humaine. C'est ici que Lucie a vu le jour en avril 1920, fruit du viol de la jeune Julie Carville, reniée par ses parents après cette infamie. A l'époque, Bellevue était un couvent et un orphelinat tenus par des bonnes sœurs et Lucie y a grandi dans la misère et les coups. A priori, aucun rapport entre Iris et Lucie. Et pourtant...

    Deux époques différentes mais les mêmes destins marqués par la noirceur et la violence.
    De nos jours, la vie d'Iris Baudry, jeune femme tourmentée, secrète, bègue, brisée par le désamour de sa mère et le meurtre de son fils. Son retour en ville lui donne l'occasion d'affronter ses démons. Voir sa mère tant détestée réduite à rien, se souvenir de son père adoré emporté trop tôt par un cancer, retrouver la voisine Jackie, toute en sucre et en miel, sa seule source de douceur maternelle à l'époque, et affronter le détestable journaliste local qui avait couvert la mort de Swan et reste persuadé que celui qui est derrière les barreaux pour ce meurtre n'est pas coupable.
    Dans les années 20, le calvaire d'une jeune fille de bonne famille violée, vilipendée, reniée par les siens puis finalement abandonnée dans un couvent où elle fut humiliée, battue avant de donner naissance à une petite Lucie, née avec une jambe estropiée.
    De la souffrance, de la violence et du sang pour une ambiance très noire. Un tueur en série qui écorche ses victimes, assassinant sans distinction des hommes, des femmes, des enfants. Une mère qui pleure son enfant mort. Une maison qui renferme bien des secrets. Et une auteure machiavélique qui nous emmène dans les tréfonds de l'âme humaine, nous promène tout au long de son roman pour nous assommer avec les pires révélations à la toute fin. Quel talent pour manipuler son lecteur et le surprendre ! Une lecture noire et addictive.