Le grand jeu

Le grand jeu

Céline Minard

Rivages

  • par (Libraire)
    8 octobre 2016

    Paradis suspendu

    Une femme décide de s'isoler dans un refuge high-tech à fleur de montagne. Un entraînement grandeur nature pour interroger la vie. Apparaît l'imprévu, une seconde personne, commence alors le grand jeu des relations humaines.
    Carole


  • par (Libraire)
    1 octobre 2016

    Une femme dont on ne connaîtra jamais l'identité se retire dans un refuge technologiquement évolué et bien équipé, accroché en pleine montagne. Elle est en pleine possession de ses moyens intellectuels, psychiques et physiques. Elle a décidé de fuir le monde pour ne pas risquer, "chaque matin, de rencontrer un ingrat, un envieux, un imbécile." Elle s'organise sur "son massif montagneux de vingt-trois kilomètres carrés" pour un séjour de longue durée, construisant et cultivant un jardin, pêchant dans un étang à truites, repérant les animaux. Elle arpente la montagne, équipe des voies pour mieux se déplacer. Ce faisant, elle se concentre sur ses gestes, elle s'entraîne à résister à la faim et à la fatigue, à contempler et à s'émerveiller. Dans sa montagne minérale, elle abandonne peu-à-peu ses habitudes de vie en société. Et elle s'interroge : "Tout retranchement est-il une fuite plus ou moins assumée du risque que comporte toute relation humaine ?" "Peut-on se surprendre soi-même ?" "Peut-on réellement jouer seul aux échecs ? [...] Peut-on s'oublier au point de s'accueillir ? " "Est-ce qu'on peut être immortel à l'intérieur d'une durée finie ?" "Peut-on se porter secours à soi-même ?" "Peut-on agir envers soi comme envers un étranger ?" "Comment pourrait-il accueillir le monde celui que ne se mise pas lui-même ?"
    Mais alors qu'elle semble s'être détachée du monde, incorporée à la montage, alors qu'elle atteint à sa propre forme, "la forme particulière de sa présence au monde» et qu'elle est proche de la "la paix de l'âme", elle décèle une présence de quelqu'un de différent d'elle tout en lui étant semblable, de quelqu'un qui empiète sur son territoire, qui pénètre dans sa cabane à outils, qui lui emprunte ses outils. Elle s'en irrite tout en espérant la croiser. Il y a donc quelqu'un qui vivait avant elle -mais pas comme elle- dans cet zone de désert. Est-elle un adversaire ? Ou va-t-elle devenir une partenaire de jeu ?

    Après une première partie plus tournée vers l'introspection, la deuxième partie ménage le suspense quant à l'avenir et la nature de la rencontre de ces deux personnes. L'auteure évite ainsi un remake de Premier de cordée ou de Femmes au sommet. Certes, on comprend que Céline Minard aime les sports d'escalade et la slackline, qu'elle décrit avec avec un vocabulaire précis, un style austère et acéré bien en accord avec la haute montagne. Son texte est ponctué d'interrogations qui manifestent un goût pour la réflexion, la recherche de sens. Avec ce roman, elle offre au lecteur de mener la même réflexion, sans faire l'expérience de la montagne autrement que par le contact du texte et par la pensée.
    J'ai bien conscience que ce roman est particulier et qu'il faudra passer au-delà des descriptions techniques pour l'apprécier. Je ne relis presque jamais de romans, celui-ci, je sais que je le relirai pendant l'hiver. C'est assez dire combien je l'ai aimé...


  • par (Libraire)
    5 septembre 2016

    Dialogue avec la nature, la montagne, et dialogue intérieur pour cette femme venue vivre en solitaire dans un environnement qu’elle dompte sans difficulté. Sylvain Tesson a trouvé son homologue féminin (qui ne boit presque pas !). Récit de voyage dans un périmètre de 23km.


  • 5 septembre 2016

    Coup de cœur de Laurence

    On ne connaît rien d'elle. Ni son prénom, ni son âge.
    Elle a acheté 21 kilomètres carrés de bois et prairies dans la montagne et y a fait installer un refuge dans lequel elle pourra vivre plusieurs mois, livrée à elle-même.
    Taraudée par une question simple : pourquoi vivre ? La jeune femme s'impose un entraînement physique et spirituel intense, mais sa réflexion est tout à coup bousculée lorsqu'elle se rend compte qu'elle n'est pas seule.

    Un roman fort sur le thème de l'isolement, ciselé comme les montagnes, doux comme les prairies, inquiétant comme les forêts.

    Laurence


  • par (Libraire)
    25 août 2016

    On aime !

    Étonnant et intrigant, ce roman vous emmène en haute montagne et invite à la réflexion sur la manière dont on veut exister, mener sa vie.


  • 21 août 2016

    A la verticale

    « Respirer le monde de l’extérieur quand je serai dedans » : ce « dedans » où l’héroïne du dernier roman de Céline Minard décide de se retirer, isolée de tout, c’est un « tube de vie » en fibre de verre ultra high-tech, suspendu entre ciel et roche, sur un éperon granitique situé à 3400 mètres d’altitude. Même si vous êtes sujet au vertige, surtout ne passez pas votre chemin de cet épatant roman. Équipée d’un violoncelle et d’un carnet pour y saisir ses observations et ses sentiments, elle décide d’échapper à la civilisation pour se retrouver en prise avec les forces de la nature et des éléments. Son souhait profond ? Comprendre ce qu’elle a négligé et qui pourtant aurait pu la conduire au bonheur. Sa démarche n’est pas sans rappeler celle d’ Henry David Thoreau et son chef d’œuvre naturaliste « Walden ou la vie dans les bois ». Mais là, il s’agit plutôt de la vie dans la montagne : « Je suis chez moi, jusqu’aux crêtes qui perforent les nuages et même au-delà », cet au-delà n’étant pas que géographique, mais surtout métaphysique.

    Lire la suite de la critique sur le site o n l a l u


  • par (Libraire)
    19 août 2016

    L'auteur de "Faillir être flingué" nous emmène au cœur d'un roman qui en déroutera plus d'un ...
    Une femme décide de s'isoler du monde afin de répondre à une question simple : Peut-on vivre "hors-jeu"? Elle s'impose donc une retraite volontaire et décidée à presque 3000 mètres d'altitude pour mieux se retrouver ...
    Elle avait tout prévu ... sauf peut-être la présence d'une autre personne !
    Un roman qui ne laisse pas indifférent et qui fait réfléchir.


  • par (Libraire)
    17 août 2016

    La montagne est un monde à part où la présence d'autrui peut venir troubler la solitude que l'on était venu y chercher.
    Peut on encore vivre en autarcie au XXIème siècle ?
    C'est l'une des nombreuses problématiques que soulève Céline Minard dans ce nouveau roman extrêmement déroutant de cette rentrée littéraire.


  • par (Libraire)
    16 août 2016

    Un texte hors du commun

    Une femme décide de partir vivre en autarcie dans un refuge high-tech dans la montagne : que ce soit le jardin ou les panneaux solaires, tout est pensé pour l'autonomie, la vie loin des autres, sans les « les ingrats, les envieux, les imbéciles », avec la nature pour seul environnement. Pourquoi ? Qui est-elle ? Comment en est-elle arrivée là ? Nous n'aurons jamais les réponses à ces questions mais finalement, nous n'avons pas besoin des réponses pour observer le « grand jeu » : cette retraite loin du monde est contrariée par la rencontre d'une personne ayant fait le même choix qu'elle et chacune essaye de battre l'autre au jeu de l'ermite, chacune joue avec les frontières de l'humanité, que ce soit vers la sagesse ou vers l'animalité.
    Laissez-vous porter par ce roman sec et dense qui vous habitera pendant très longtemps. Mais attention, le style de Céline Minard est aussi tranchant que l’histoire qu'elle nous raconte.
    Céline Minard nous avait bluffé il y a deux ans avec son western époustouflant, Faillir être flingué (qui lui avait valu le prix du Livre Inter). Elle nous revient avec un texte hors du commun !


  • 9 août 2016

    L'un des livres les plus attendus de cette rentrée. Et Minard réussit à nous surprendre une nouvelle fois avec ce roman survivaliste qui se mue en quête existentielle et métaphysique. Robinson Crusoé n'est pas si loin.. Vendredi non plus...
    Céline Minard viendra présenter son livre à la Librairie le vendredi 18 novembre à 18h.


  • par (Libraire)
    2 août 2016

    Dans ce récit, la narratrice s’exile volontairement dans un « tube » accroché à flanc de falaise. Sorte de naufragée volontaire dans la montagne, une naufragée qui aurait tout prévu pour une survie à la fois high-tech et bio, elle cherche à savoir ce qui la constitue vraiment et plus précisément ce qui fait l’identité particulière de l’être humain. Peut-on concevoir sa propre humanité sans le rapport à l’autre ? A cela, elle semble vite répondre par la négative, tant la présence de l’« ermite » semble devenir sa préoccupation majeure.
    Ce qui fait la saveur du livre est d’ailleurs cette autodérision, cette lucidité qui fait de ce journal de survie, commencé dans la grande tradition des récits d’aventuriers, un entremêlement subtil de scènes cocasses et de réflexions graves. Ce n’est pas qu’un pastiche réussi, c’est un roman complexe et profond.