la provence amoureuse 1ere serie / le sire de chantegrillet chevaleresque galante, drolatique, dolente, chronique du XIII° siecle
EAN13
2000037440266
Éditeur
Grasset
Date de publication
Nombre de pages
442
Dimensions
15 cm
Poids
710 g
Langue
français
Fiches UNIMARC
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la provence amoureuse 1ere serie / le sire de chantegrillet chevaleresque galante, drolatique, dolente, chronique du XIII° siecle

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PREMIÈRE PARTIE?>?>I?>LA RÉPUBLIQUE DE LA RÉSISTANCE?>La Libération : une date dans la mémoire collective. — La seule voix qui s'exprime : celle de la Résistance. — L'idéologie dominante : socialisme et liberté. — Les communistes contre les nouveaux clivages. — Un épisode révélateur : le congrès du M.L.N. — La nostalgie de l'union. — Etait-ce l'heure d'un travaillisme français ? — La naissance du M.R.P. — L'aspiration à l'ordre et la dissolution des milices patriotiques. — De Gaulle pour les réformes de structure. — La France est dotée d'une nouvelle structure économique et sociale. — Les problèmes immédiats : pénurie, destructions, inflation.— Entre Pleven et Mendès France : l'histoire d'un choix. — De Gaulle refuse de patronner un nouveau parti. — Le long chemin des socialistes, de 1940 à la Libération. — La résurrection de la S.F.I.O. — Les mouvements de résistance écartés de la vie politique. — Français libres et résistants étaient-ils à l'image de leurs dirigeants ? — La France vaincue et la France offusquée. — Misère et marché noir : l'épreuve d'une génération. — La guerre pour les Français : des expériences multiples.« La nuit de la vérité » : c'était le titre de l'éditorial de Combat,à la date du 25 août 1944. Albert Camus, bien qu'il n'eût pas signé, en était l'auteur. Rencontre significative déjà, d'un écrivain et d'un instant de l'histoire : celui qui allait incarner à la fois un courant littéraire et une morale, qui attacherait à son nom les idées du désespoir et de l'absurde tout en formulant l'exigence d'une morale intransigeante, célébrait l'avènement d'une phase nouvelle de la vie nationale qui s'appellerait la IVe République.Tout un climat est dans ce texte, où se retrouvent la ferveur de l'espérance, la célébration du sacrifice et cette sobriété poignante qui était — et restera — l'expression moderne du romantisme éternel : « Dans cette nuit sans égale s'achèvent quatre ans d'une histoire monstrueuse et d'une lutte indicible où la France était aux prises avec sa honte et sa fureur. [...] Cette nuit vaut bien un monde, c'est la nuit de la vérité. La vérité en armes et au combat, la vérité en forces après avoir été si longtemps la vérité aux mains vides et à la poitrine découverte. [...] Oui, c'est bien la nuit de la vérité, et de la seule qui soit valable, celle qui consent à lutter et à vaincre. [...] Le bonheur, la juste tendresse auront leur temps. Mais cette paix ne nous trouvera pas oublieux. Et pour certains d'entre nous, le visage de nos frères défigurés par les balles, la grande fraternité virile de ces années ne nous quitteront jamais. [...] Rien n'est donné aux hommes, et le peu qu'ils peuvent conquérir se paie de morts injustes. Mais la grandeur de l'homme n'est pas là, elle est dans sa décision d'être plus fort que sa condition. [..] Notre vérité de ce soir, celle qui plane dans le ciel doux fait justement la consolation de l'homme. Et c'est la paix de notre cœur, comme c'était celle de nos camarades morts de pouvoir dire, devant la victoire revenue, sans esprit de retour ni de revendication : " Nous avons fait ce qu'il fallait. " »Cette nuit du 24 au 25 août fut aussi celle où, dans Paris, les cloches sonnèrent. Sans doute faut-il avoir vécu cet instant pour pouvoir encore éprouver à son souvenir, un tiers de siècle plus tard, les sentiments intenses qui étreignirent alors les Parisiens. La France était libérée d'une épreuve qui ne s'était pas résumée en l'appauvrissement brutal de ses ressources, la défaite de ses armées, l'occupation entière de son territoire : ces années avaient comporté aussi l'écroulement du régime politique, l'établissement d'une dictature et les plus féroces des déchirements internes, puisqu'ils mettaient en jeu les accusations de déshonneur et de trahison. De ce fait, il y avait dans la ferveur des nuits d'août 1944 une évidente signification morale autant que politique : il s'agissait d'effacer ce qu'on voulait rejeter de l'histoire de ce temps, ce qui dénaturait l'image d'un pays raidi sous le joug ennemi, rassemblant des forces au-dedans et au-dehors, maintenant sa place dans la guerre par l'épisode spectaculaire de Bir Hakeim aussi bien que dans les plus obscures tragédies de la Résistance et se retrouvant tout entier au jour de sa liberté recouvrée. De là l'indicible solennité de cette Libération, moment peut-être unique dans l'histoire nationale, en tout cas, vécu comme tel.Mais ce fut aussi une expérience très simplement concrète. On abolit le couvre-feu avant même qu'en ait été prise la décision officielle. On renonça immédiatement au camouflage des lumières, en dépit d'une réaction sporadique de l'aviation allemande, deux nuits après la libération définitive de la capitale. A la prison de la Santé, au Cherche-Midi, à Fresnes, les « politiques » sortaient, les directeurs étaient remplacés. A partir du 21 août, les Parisiens découvrirent une presse entièrement nouvelle, même s'ils reconnaissaient quelques journaux d'avant guerre, le Figaro, l'Humanité, le Populaire, l'Aube,à côté de titres inconnus jusque-là : Libération, Combat, Franc-Tireur, France-Libre, Résistance, Défense de la France... Instinctivement, les Français cessèrent d'observer toutes sortes de contraintes administratives et quelques-unes ne furent jamais rétablies. Les habitants de la capitale considérèrent avec sympathie, parfois avec une indulgence attendrie, leur police, que sa participation aux derniers épisodes de la Libération avait transfigurée à leurs yeux. Et, symboliquement, celle-ci renonça du jour au lendemain, pour régler la circulation, au rituel, fait de mouvements de bras saccadés, imposé par les autorités d'occupation...Nul doute qu'il y ait alors eu, dans l'esprit de l'immense majorité des Français, un désir délibéré et presque farouche de célébrer leur unité sur le seul terrain concevable : celui de l'indépendance restaurée, de la liberté rétablie, de la volonté de compter la France au nombre des vainqueurs. Ainsi serait oublié ce qui devait l'être, ainsi seraient abolis les erreurs, les hésitations, les déchirements. Dans l'explosion de joie que l'on vit à Paris et qui se retrouva presque partout ailleurs, il y avait avant tout un élan spontané mais peut-être aussi, sous-jacente, une volonté appliquée de se donner à soi-même l'image d'un peuple uni pour la plus juste des causes. Cette image, en tout cas, était mémorable. On peut croire qu'elle ne fut jamais effacée et garda toujours une résonance secrète dans les profondeurs du sentiment national. Les temps à venir allaient réserver peu d'occasions où les Français pourraient manifester ce qu'il y a en eux, comme en tout autre peuple, de volonté d'union et de nostalgie de la fraternité. Mis à part le Jour de la Victoire, le 8 mai 1945, dont l'éclat avait été par avance atténué et comme refroidi par ceux d'août 1944 et par l'intervalle qui les sépara, la Libération fut, depuis le 11 novembre 1918, le seul moment où s'incarna ce rêve d'union et de fraternité. Quand il l'évoqua dans ses Mémoires, douze ans plus tard, le général de Gaulle éprouvait encore le sentiment d'un fait unique, d'une ampleur extraordinaire. « Ah ! c'est la mer... » écrit-il, pour souligner aussitôt que le contraste était d'autant plus rude entre la ferveur éclatante de la multitude et l'impitoyable réalité que l'exercice du pouvoir faisait peser sur lui : « Pour ce qui est des rapports humains, mon lot est donc la solitude. » Sans doute bien des Français, à leur manière et à leur échelle, partageaient-ils cette impression de contraste : la misère, le dénuement, l'absence des prisonniers, l'angoisse pour le sort des déportés, le spectacle des destructions accumulées et qui n'étaient pas finies, le souvenir des déchirements, des querelles et des haines, le ressentiment envers les oublis et les injustices, l'amertume de n'avoir pas fait, à temps, « ce qu'il fallait », tout cela était encore trop présent dans les esprits pour être oublié tout à fait, tandis que déferlaient, dans les rues et sur les places, les foules, les cris, les chants, les acclamations... Par la suite, seules les commémorations des jours de la Libération, avec l'évocation rituelle des humbles morts de...
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