Constance B.

par (Libraire)
2 août 2016

Dans ce bref récit de la prise de la Bastille, Éric Vuillard adopte sans vergogne, et sans s’en cacher, le parti du peuple de France, qui converge en ces prémices révolutionnaires vers Paris.
C’est une lecture dont le déroulement inexorable suscite une émotion rare : l’exaltation. Il frôle souvent l’outrance mais son sens de la formule fait qu’on est pris, séduit, qu’on le suit dans la foule, dans les rues empoussiérées, écrasées de chaleur et bientôt ensanglantées.
On est à hauteur d’homme, c’est confus, mais c’est diablement vivant et vrai. Ce sont des tableaux qui suscitent l’émotion, qui nous font tâter de la grandeur, c’est déjà la fougue romantique, mais au service du peuple, c’est une ode soviétique aux travailleurs, aux rouages de l’Histoire.
Quel talent ! Quelle plume ! Quelle émotion !

roman - traduit de l'anglais (Canada) par Christophe Bernard

Grasset

22,00
par (Libraire)
2 août 2016

L’histoire de ce roman se déroule à trois époques : 1904, 1939 et 1981. Trois hommes, liés de façon plus ou moins ténue, atteignent un moment décisif de leur vie et sont brutalement remis en cause dans leur humanité. La construction est un poil alambiquée, qui cherche à démontrer un peu lourdement que l’homme n’est qu’un singe qui s’est élevé et non pas un être supérieur à l’animal. Mais quand l’auteur quitte la démonstration pour se concentrer sur ses personnages, il déploie un vrai talent de conteur et on passe de très agréables moments de lecture à parcourir les hautes montagnes du Portugal.
En bref, trop ambitieux dans l’ensemble mais des scènes qui valent la lecture comme le voyage de Tomas ou l’autopsie du docteur Lozora.

Éditions de L'Olivier

19,00
par (Libraire)
16 mai 2016

Catherine Poulain livre un roman très autobiographique sur une femme, Lili, partie pêcher en Alaska comme on embrasse un sacerdoce. Elle est l’une des rares femmes embarquées sur un bateau de pêche, et nous raconte l’âpre quotidien de ces hommes paumés, durs, acharnés au travail, mais vivant comme des clochards à terre. C’est extraordinairement vivant et réaliste : la houle, le froid, la douleur, le café et l’alcool à toute heure. Puissant et subtil à la fois, sans aucun jugement ni aucune tentative oiseuse de définir les motivations de ses semblables, c’est incroyablement juste.

par (Libraire)
16 mai 2016

En novembre 1920, la Grande-Bretagne s’apprête à recevoir le corps du soldat inconnu. Une grande cérémonie à Londres doit exprimer le deuil national, et pendant les quelques jours qui la précèdent, nous suivons le quotidien de trois femmes. D’âges et de milieux très différents, elles sont toutes trois profondément marquées par la guerre, à travers les hommes qu’elles côtoient. Elles sont le symbole et la réalité de la société civile qui peine à guérir mais cherche à vivre après la grande catastrophe de la guerre. Le livre est impeccablement construit, avec un vrai souffle romanesque, des personnages complexes et des destins qui finalement s’entrecroisent. Un très bon roman historique.

14,00
par (Libraire)
16 mai 2016

Jean Rolin décide de se rendre à Peleliu dans l’archipel des Palaos, sur les traces des combattants d’une bataille méconnue, pourtant parmi les plus meurtrières de la guerre du Pacifique. Toujours légèrement à côté de son sujet pour brouiller les pistes, il nous entraîne dans ses déambulations avec son style inimitable, léger et érudit. D’anecdotes poignantes en rencontres improbables, on sourit tout au long de sa lecture, malgré une émotion réelle, faite de mélancolie, de dépaysement, et d’un léger dégoût pour cet énorme gâchis. Une lecture agréable et qui donne l’impression d’être intelligent.