Librairie coiffard

Trente grammes
par (Libraire)
22 juin 2021

Conseillé par Coralie

Gabrielle Massat s'est révélée être une nouvelle voix du polar avec son premier roman "Le Goût du rouge à lèvres de ma mère". Aujourd'hui, elle confirme son talent avec ce deuxième roman, tour aussi noir et réussi.

"Trente grammes", c'est une histoire de compromis entre les promesses, le grand amour et la mort. C'est se jouer à chaque instant d'une nouvelle situation, d'un nouveau drame. Yannick aime les œuvres d'art. Toutes. Dans son petit appartement toulousain, il entrepose des toiles rares et précieuses, qu'il chérit. Yannick travaille d'ailleurs pour Aslanov, un trafiquant d'art qui achète et revend tableaux et autres œuvres raffinées afin de blanchir l'argent sale de l'élite toulousaine. Il transporte, dépose et sécurise de nombreuses œuvres avec toute la confiance de son mentor. Outre ces toiles de maîtres aux prix exorbitants, Yannick a un autre amour : Phoenix, le tueur à gages d'Aslanov depuis une quinzaine d'années. Ces blanchiments d'argent successifs sont bien menés, quasi indétectables et surtout fomentés par de puissants personnages. Cependant, lorsque le trafic d'un Bacon d'une valeur de plus de cinq millions d'euros ne se passe pas comme prévu, c'est Yannick qui va courir un grand danger : il est en ligne de mire de tous côtés. Amoindri par son faible pour les drogues, l'alcool et le sexe facile, il ne fera pas toujours les bons choix et va très rapidement se retrouver dans une situation inextricable. À cet instant, Phoenix, l'amour de sa vie et son unique sauveur, disparaît de la circulation abandonnant Yannick à son propre sort. Engoncé dans une situation complexe, usant de courses poursuites, de réalisations de faux et d'épuisement physique, Yannick va se laisser sombrer, doutant de chaque personne qui l'entoure, regardant derrière lui à chaque pas, s'épuisant à vouloir tout maîtriser. Après "Le Goût du rouge à lèvres de ma mère", Gabrielle Massat revient avec un roman noir bien ancré dans la réalité, au suspense haletant et aux personnages forts. "Trente grammes" est une belle réussite, alliant tous les ingrédients d'un bon polar !

Le Songe du Corbeau
par (Libraire)
21 juin 2021

Conseillé par Manon R

Koji vit avec d’autres enfants dans une maison isolée de tout. Chacun possède un animal-protecteur : un tigre, un poisson rouge ou encore un renard. Ils sont seuls, aucun adulte à l’horizon, seulement ce monstre à la fois angoissant et rassurant qui veille sur la maison et les enfants. Et puis il y a Shin, retrouvé près de la forêt interdite. Son animal est un corbeau, signe d’un mauvais présage… Le récit oscille entre ce passé et le présent , alors que des années plus tard, Koji se retrouve face à de nouveaux kidnappings d’enfants.

"Le Songe du Corbeau" est un thriller envoûtant qui évoque l’enfance, entre rêve et cauchemar, où les frontières avec la réalité sont parfois floues. Les magnifiques illustrations à l’aquarelle donnent cet aspect vaporeux qui révèlent l’onirisme japonais de l’histoire et contrastent avec la part de noirceur de ce récit surprenant.

Le pagne noir / contes africains, contes africains

contes africains

Présence Africaine

6,20
par (Libraire)
16 juin 2021

Conseillé par Stéphanie

Bernard Binlin Dadié est considéré comme une figure incontournable de la littérature ivoirienne. Académicien, il fut récompensé deux fois par le prix littéraire d'Afrique noire. Auteur de poésie, de théâtre, de romans et d'essais, il aime aussi raconter des fables traditionnelles. C'est le cas de "Le pagne noir", recueil de seize contes à la fois naïfs, drôles et profonds qui mettent essentiellement en scène Kacou Ananzé l'Araignée, un animal personnifié qui abuse toujours de la confiance qui lui est offerte. C'est toute l'Afrique traditionnelle du pays Baoulé que l'on retrouve dans ces fables merveilleuses, ironiques et tendres. Avec leurs morales finales, parfois amenées sous forme de questions, elles poussent à la réflexion.

Abobo Marley, Roman

Roman

JC Lattès

19,00
par (Libraire)
16 juin 2021

Conseillé par Léa et Stéphanie

Récompensé en 2020 par le tout jeune Prix Voix d'Afrique initié par RFI et les éditions Lattès, Yaya Diomande est un belle découverte. Abobo Marley est un quartier nord d'Abidjan, un quartier dangereux d'où vient Mozess, un petit gars débrouillard qui tente de gagner sa vie pour aider sa mère et ses frères er sœurs qu'il adore. Sur les docks, on trouve plein de petits boulots mais quand on est obsédé par un rêve, il est parfois difficile de ne pas mettre toute son énergie pour le réaliser en oubliant ceux qu'on aime. Ce rêve, cette obsession, c'est d' « aller à Bengue », Bengue : c'est l'Europe. Le jeune dioula grandit et le lecteur l'accompagne avec plaisir sur son chemin de vie parsemé d'embûches, de rencontres, de mauvais choix et d'espoirs. Mozess est un personnage si imparfait et par conséquent si attachant !

Viendra le temps du feu
par (Libraire)
15 juin 2021

Conseillé par Manon R

Il y a une trentaine d’années, on a vu mourir toute une partie de la jeune génération mobilisée pour le climat. L’être humain a négligé les questions environnementales et la terre n’est plus assez saine pour être cultivée. Un État totalitaire est alors mis en place, le Pacte National. Dans cette société, tout est contrôlé. La plupart des livres sont interdits et certains mots comme « librairie » sont considérés comme du vocabulaire de langue morte. Les couples sont des « paires » et ont pour unique mission de procréer afin de repeupler la société. De l’autre côté de la rivière, vivait une magnifique communauté de femmes, elles étaient comme des soeurs, bienveillantes. Mais le Pacte National en a décidé autrement.

Elles s’appellent Louise, Grâce, Ève et Rosa. Elles sont les voix de cette histoire qui rappelle la puissance d’une communauté, d’une sororité. Il y a Raphaël, Louis, Lilian, ils sont plusieurs à se battre contre l’autorité, en silence, à l’abri des regards, la nuit, pour échapper à l’oppression et vivre librement leur amour, leur vie.

"Viendra le temps du feu" est un roman choral poignant, une dystopie où la littérature est un échappatoire, et le langage un moyen de lutter. Wendy Delorme signe un récit remarquable, gorgé de références littéraires, et qui n’est pas sans rappeler le roman de Margaret Atwood "La servante écarlate".