sandrine57

Lectrice compulsive d'une quarantaine d'années, mère au foyer.

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Ecoute la petite musique du Clos des anges
12 septembre 2020

A presque quarante ans, Raphaëlle Lescuyer est toujours profondément blessée par son enfance malheureuse. Cette artiste peintre hypersensible s’est réfugiée dans son art, sous une bulle où seule sa meilleure amie Fanny peut pénétrer. Son fragile équilibre se lézarde le jour où un coup de fil l’informe du décès de son père. Ce père qui ne l’a jamais aimée et qu’elle détestait en retour et avec lequel elle était définitivement brouillée depuis une quinzaine d’années, lui lègue pourtant le Clos des Anges, sa demeure de Giverny. Pour Raphaëlle, le retour dans la maison de son enfance est douloureux et elle ne pense qu’à la vendre le plus vite possible. Mais Paul, le jardinier de son père voudrait qu’elle se réapproprie les lieux pour s’y installer et Fanny abonde dans son sens. Le temps est peut-être venu pour l’artiste à fleur de peau de faire la paix avec son passé…

Parfois on commet l’erreur de choisir un livre pour sa couverture, sans prendre le temps d’en lire le résumé…Et l’on se retrouve avec, entre les mains, un livre de développement personnel. Et quel livre ! Dégoulinant de bons sentiments et affublé d’une héroïne qui oscille entre crises de larmes et crises de panique, le récit empile les clichés, en tentant désespérément de sensibiliser le public à l’hypersensibilité. En vain, il faut l’avouer, tant Raphaëlle est exaspérante. Et la solution qu’apporte l’auteure à son héroïne est tout aussi affligeante. Pourquoi pas une colocation à quarante ans ? Nous voilà donc avec de parfaits étrangers réunis dans une grande maison et qui deviennent des amis, une famille même, en quelques semaines d’une cohabitation basée sur la générosité, l’entraide, la solidarité, l’écoute, etc. malgré la présence d’un ou deux spécimens spéciaux, comme l’ancienne danseuse étoile qui distribue des gemmes censées régler tous les problèmes ou le pianiste virtuose imbu de sa personne et d’une prétention sans finesse. Bref, tout cela constituerait une bien belle leçon de vie -soigner ses plaies en les partageant avec les autres- si Ondine Khayat avait su éviter de tomber dans l’éternelle histoire d’amour. Si la colocation aide Raphaëlle à guérir de ses blessures, c’est tout de même les bras protecteurs, l’empathie, la compréhension, etc. du beau Paul qui font d’elle une autre femme. Comme si une femme ne pouvait ni s’épanouir, ni se construire sans un mâle pour la protéger. Dommage !