L'Autre Monde L.

Carry On

Pocket Jeunesse

18,90
par (Libraire)
11 mars 2017

Les reliques de l'humour

Un monde magique, une école de sorciers, un orphelin élevé par des humains non-magiques – les Normaux –, propulsé dans cet univers lorsqu'il découvre ses propres pouvoirs à l'âge de onze ans, et un méchant mage noir qui sème le trouble... vous avez une impression de déjà vu ? Non, non, vous n'êtes pas dans Harry Potter ! Le héros de cette histoire s'appelle Simon Snow (rien à voir avec Jon), il déteste son camarade de chambrée qui semble être un vampire, et il galère avec les filles, alors être l’Élu, c'est le cadet de ses soucis en cette rentrée des classes ! Il est bien loin, le héros sans peur et sans reproche que tout le monde espère voir en lui...
Carry On commence comme un pastiche, mais c'est avant tout une quête identitaire : Simon ne sait pas d'où il vient, ni où il va. Il est maladroit, il ne sait pas ce qu'il veut devenir, puisqu'il ne sait même pas s'il va vivre assez longtemps pour devenir quelqu'un, et surtout, comment composer avec le futur alors qu'il a déjà du mal avec le présent ? Peut-on vraiment être l’Élu quand on n'est même pas un héros ? Du fantastique, on passe au roman d'initiation, avec un adolescent finalement comme les autres.
Ce roman multiplie les points de vue, donnant un regard différent sur chaque personnage, leur conférant une dimension plus profonde. La petite amie de Simon, Agatha, n'est pas seulement une jolie fille superficielle, son colocataire et ennemi juré, Baz, est moins sombre et belliqueux que veut bien le penser le héros. Simon lui-même prend un relief particulier selon la manière dont il est perçu par tous les autres personnages, tantôt attachant, souvent exaspérant.
Le roman fantastique traditionnel en prend un sérieux coup avec Rainbow Rowell, et montre qu'on peut aborder ce genre avec autant d'humour que de gravité et de sensibilité. Ce qui ressemble de prime abord à une copie regorge en fait d'originalité : une fausse parodie pour un vrai roman d'amour !

Croco contre canetons
12,00
par (Libraire)
31 décembre 2016

Les dents de la mare

Barnabé le crocodile, gourmand à ses heures, trouve bien appétissants les sept canetons qui nagent dans la mare... Le premier est facile à croquer, les suivants, eux, n'ont pas l'intention de se laisser faire, mais ils sont naïfs et facilement bernés par les déguisements astucieux du reptile. Et si le dernier caneton réussissait pourtant à être plus malin ?
Croco contre canetons ressemble à un hommage. Comment ne pas penser aux Dix Petits Nègres d'Agatha Christie en lisant la comptine qui égrène cet album, perdant un caneton à chaque page ? Une comptine quasiment versifiée, qui donne au texte un rythme, une cadence, comme le tic-tac d'une horloge, dont les secondes passent aussi inexorablement que les oisillons disparaissent. Et surtout, ce rythme met encore davantage en valeur la drôlerie du texte de Caio Riter.
Et si Barnabé est passé maître dans l'art du déguisement et du mensonge, c'est bien le septième caneton qui a le verbe le plus haut ! Vous rirez aux larmes (de crocodile) en lisant sa tirade argumentaire face au prédateur qui veut le dévorer, et même si ce dernier ne s'en laisse pas compter, sa proie à encore des plumes à son arc, et n'hésitera pas à en user !

Confessions d'un ami imaginaire
par (Libraire)
31 décembre 2016

"L'essentiel est invisible pour les yeux..."

Jacques Papier a une relation fusionnelle avec sa sœur jumelle, Fleur, et pourtant, il se sent rejeté par le reste du monde, que ce soient ses camarades de classe, ses professeurs, ou pire, ses propres parents. Il se sent comme qui dirait invisible. Au détour d'une conversation, il apprend que Fleur a un ami imaginaire. Furieux, il décide d'avoir son propre ami imaginaire et invente le superbe Dragon-Hareng, jusqu'au moment où il comprend la terrible vérité : il n'est pas un petit garçon, ni même le frère de celle qu'il croyait être sa jumelle... L'ami imaginaire, c'était lui depuis le départ.
Tel Pinocchio, qui voulait devenir un véritable petit garçon, Jacques va partir en quête de sa véritable raison d'être. Fleur va accepter, douloureusement, de le laisser partir, et notre héros va devenir le compagnon imaginaire d'autres enfants qui, il va le découvrir, ont besoin de lui pour se réaliser : Merla, qui avant de pouvoir adopter un vrai chien, va devoir prouver qu'elle peut s'occuper d'un compagnon à quatre pattes issu de son imagination, ou Bernard, qui lui, donnerait tout pour effectivement être imaginaire. Mais parviendra-t-il a retrouver Fleur, a qui il a promis de revenir un jour ?

Ces confessions sont une véritable quête initiatique. Jacques ne se départit jamais de son sens de l'humour ravageur, même quand il est au bord du désespoir. Il se pose des questions propres à tous les enfants (aussi réels qu'imaginaires), sur le but de l'existence, et l'acceptation de soi. C'est un roman à la fois drôle et touchant, avec de vrais moment d'émotion. Jacques, aussi invisible soit-il, est un personnage attachant, aussi adorable et spectaculaire que le fameux Dragon-Hareng... à moins qu'il ne le devienne vraiment à la faveur de l'imagination d'une petite fille...

Songe à la douceur

Clémentine Beauvais

Sarbacane

15,50
par (Libraire)
31 décembre 2016

Songe d'un amour d'été

Quand ils se rencontrent, Tatiana a quatorze ans, Eugène en a dix-sept. Elle a grandi bercée par des romans d'amour qu'elle rêve de rejouer en secret, il est habité par un spleen baudelairien et se prend pour un adulte. Elle l'idéalise, l'aime, le lui déclare, il la rejette pour une raison futile. Et ce n'est bientôt plus un roman d'amour qui se joue, mais une véritable tragédie grecque, quand le meilleur ami d'Eugène, Lensky, perdu pour l'amour de la sœur de Tatiana, la belle Olga, se tue par accident, séparant les deux âmes romantiques une première fois.
Dix ans plus tard, Eugène croise Tatiana par hasard dans le métro. Il tombe amoureux d'elle au (presque) premier regard, et en fait rapidement une obsession. Rongé de regrets, il fait tout pour séduire la belle, qui s'y refuse, évidemment. C'est désormais elle l'adulte, et lui qui se conduit comme un enfant.
Ce texte est un hymne à l'amour et à la poésie. Tatiana est une amoureuse de l'amour plus que de son objet. Prête à tout lui sacrifier quand elle n'est encore qu'une enfant, elle devient une héroïne moderne en s'y refusant finalement, au nom d'elle-même et de ses projets, de ses envies, quand Eugène, lui, n'a pas su échapper à son destin ; il vie une vie monotone, enfermé dans la routine du quotidien qu'il s'était juré de ne jamais s'infliger adolescent.
Songe à la douceur, c'est l'éternel drame amoureux de ceux qui ne parviennent jamais à s'aimer autrement qu'en perpétuel décalage. Clémentine Beauvais n'invente rien, mais elle réinvente à la perfection, en nous proposant cette relecture d'Eugène Onéguine, dans une version modernisée où les déclarations d'amour se font par messages électroniques. Fidèle à l'esprit du chef-d'oeuvre d'origine, elle écrit en vers, et ponctue parfois le texte d'exercices de styles qui ne font qu'ajouter à sa beauté sans jamais en entraver la fluidité : c'est un roman qui se lit comme un poème, un poème qui se lit comme un roman. 

Lady Helen, Tome 1, Le Club des Mauvais Jours
19,50
par (Libraire)
17 septembre 2016

Penny dreadful

Helen Wrexhall, dix-huit ans, doit être présentée à la cour. Nous sommes en 1812 et c'est encore le meilleur moyen de faire son entrée dans la société et de se garantir un beau mariage, quand on est une jeune fille issue de la noblesse comme elle. Mais l'ombre de sa mère, disparue dix ans plus tôt et accusée de trahison à sa mort, plane encore au-dessus d'elle. Ses craintes se confirment quand elle est frappée par une suite d'événements mystérieux, dont la disparition d'une femme de chambre, et surtout, sa rencontre avec le ténébreux - et dangereux ? - Lord Carslton.
Helen a un caractère bien trempé ! Féministe avant l'heure, elle aime les bals et la frivolité de sa classe, mais rêve d'indépendance dans une société où la femme ne doit se préoccuper que de bien paraître et de bien se marier. Elle revendique sa curiosité et son intelligence quand on lui dit « sois belle et tais-toi ». On ne peut s'empêcher de faire un parallèle avec la Lizzie Bennet de Jane Austen, d'autant que Lord Carlston, sombre et mystérieux, qu'elle déteste au premier regard, n'est pas sans rappeler un certain M. Darcy.
Vous croyez connaître toute l'histoire ? Préparez-vous à être surpris, car c'est à ce moment précis que s'invite le fantastique. En effet, Londres est infestée de monstres, et Helen, qui a hérité de sa mère la capacité extraordinaire de les combattre, découvre qu'elle doit intégrer le Club des Mauvais Jours, la police secrète qui les affronte dans la plus grande confidentialité. Helen se sent partagée entre le rêve de devenir une femme du monde - mais est-ce bien son rêve, ou seulement le rôle qu'on lui a appris à jouer depuis sa naissance ? - et sa soif d'aventures.
Alison Goodman nous plonge dans l'Angleterre de la Régence ; et si, dans ce monde, les beaux atours des plus riches contrastent violemment avec la pestilence des quartiers les plus pauvres, il faut se méfier des apparences, car les créatures les plus répugnantes ne sont pas forcément celles que l'on pense. L'aventure, le frisson et un soupçon de romance se sont donné rendez-vous, et le résultat est stupéfiant !